vendredi 22 septembre 2006
Drame sur la blogosphère
Il existe des périodes sur le net défavorables aux blogs. De ces moments dont l’on dit : mais pourquoi moi ?
Avec l'autorisation de Double P
Les va-can-ces.
Un matin, Miss B. allume son ordinateur, entame sa routine bien rodée maintenant et se prépare à poster son message quand soudain la date clignote : Mardi 08 août 2006. Soit deux jours avant le départ.
La mer, les vagues et les crustacées, elle en rêve depuis des mois bien entendu. Mais son blog, son œuvre, sa cabane au fond du net ne se nourrit ni d'air iodé ni de plages au sable fin. Non, il nécessite une attention de tous les instants, des mots, des photos et des commentatrices quotidiens. C’est à ce prix qu’il a ces si belles joues rosées et ce teint frais. Cette silhouette ferme.
Miss B se tasse sur son siège, ses yeux s’embuent et ses lèvres se mettent à trembler. Très vite cependant, elle reprend le dessus et, le choc encaissé, passe à l’action.
Qu’à cela ne tienne, elle trouvera un moyen de garde comme pour Félix ! Il doit bien exister des pensions pour blogs[1]. Mais son blog n’est pas Félix. Et Félix ira chez ses BP ( qui n’est pas synonyme de Belle Pension).
Qu’importe, d’autres idées surgissent. Une amie, oui ! Confier son blog a une amie, chargée de mettre à jour, relever le courrier, un petit coup de balai sur le clavier, quelle bonne idée !
Non, mauvaise idée, et si cette amie s’entichait de son blog, et ne voulait pas lui rendre. Ne pas prendre de risque. Réfléchir à mieux.
le distributeur automatique de nourriture bien sur ! ! Pourquoi ne pas y avoir songé plus tôt !
Préparer les messages, les photos, agrémenter d’un jeu, et le tour est joué, le blog ne s’ennuira pas pendant son absence ! Miss B arbore un grand sourire. Sauf que. Sauf qu’à deux jours de partir, il lui reste, 10 lessives à faire, un nombre proportionnel de panières de repassages puis les valises à ranger, le ménage, les courses de dernière minute et Félix à caser.
Il faut se rendre à l’évidence. Miss B doit abandonner provisoirement son blog. La mort dans l’âme, elle rédige son message d’absence :
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Bonjour, vous êtes bien sur le blog de Miss B. Nous avons mérité de bonnes vacances [mon blog ne mérite pas ça !!!!!] et partons du 8 au 20 août. En notre absence, ne nous oubliez pas, et surtout ne contactez personne. Vous pouvez bien entendu laisser vos messages, mon blog sera très heureux. [mon œil il va dépérirrre ! ]
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Puis elle relit une dernière fois ses commentaires préférés, éteint son ordinateur, caresse des yeux son clavier et met la souris hors de portée du chat.
N.B. : le mari a trouvé une bien étrange valise le soir postée en embuscade près de la porte d’entrée. De curieuses lignes de pêche, un port au doux nom de USB et des appâts type wifi en dépasssaient.
Juste au cas où…
P.S. : dernièrement, il se murmure que certaines blogueuses organiseraient à présent leurs séjours en fonction d’une nouvelle carte : les accès à des webcafés. Par ailleurs, les conseillers voyages suivraient des formation Internet poussées. Faut-il y voir un lien ?
- Allô ? Direction le Soleil ? Oui bonjour, je souhaiterais réserver un gîte pour août 2007.
- Oui madame, combien de personnes ?
- 4. Deux adultes et deux enfants.
- Le confort du gîte ?
- Y-a-t-il un accès Internet dans le camping ?
- Oui mais seulement à proximité des emplacements de tente.
- Parfait, de toute façon, les gîtes, c’est passé de mode.
- Un emplacement alors ?
- Oui et le débit ?
- ??:! Le débit ? le débit d’eau ? Ne vous inquiétez pas, les sanitaires ont été ré...
- Non la vitesse !
- Excusez-moi ?
- ADSL ou PAS ??????????!!!!!
- Ah, une seconde je me renseigne. […] Désolée, madame, le haut débit arrive en 2008 dans notre commune.
- Hum, d’accord. Annulez ma réservation. Non, mieux, prenez-la pour août 2008 ! Merci Au revoir !
- … ?!…
[1] Pension pour blog, à méditer, il y a une niche à creuser. (sic).
vendredi 8 septembre 2006
Les stratégies de la bloggueuse (pour rester dans la blogosphère)
Ou plus simplement : "je vous aurai prévenues "...
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La stratégie dite de la maîtresse :
Devoirs, questionnaires, défis, concours. Cette bloggueuse a l’âme enseignante ; Elle demande, questionne, interroge (non, ne vous cachez pas au fond de la classe, elle vous voit, oui vous qui n’avez pas répondu au questionnaire de la semaine dernière) et ramasse les copies sans relâche. Elle dissèque, distribue encouragements et louanges avec dextérité et adresse.
Et ça marche.
Allez, avouez qu’il est plus motivant de faire une mosaïque rose que de faire sa mosaïque rose de salle de bains (excepté pour Mariaba mais elle confirme la règle ;-) ), de même qu’il est infiniment plus satisfaisant de répondre à un questionnaire concocté par un esprit léger que de tenter de rester zen à un échange avec un téléacteur fatigué vers 20h :
- madame lisez-vous tous les jours. Oui non ?
- Oui, d’accord madame, diriez-vous que vous lisez plutôt une fois par semaine 2 fois ? - Plus souvent ?
- Plus souvent, parfait madame, diriez-vous que vous lisez au moins 3 fois ?
Allez, avouez, ne sentez-vous pas cette infime mais reconnaissable poussée d’adrénaline quant au détour de votre routine le mot « quiz / questionnaire / tests multi- réponses clignote en haut d’un post ? Quand une photo s’accompagne de 10 questions ? Ce même trac qui vous faisait rosir lorsque votre institutrice/teur vous appelait pour réciter au tableau, ce flageolement discret de vos jambes quand vous traversiez la classe (euh non pas moâ, j’atais devant :-p )
Bref, cette stratégie est diabolique. Une fois mise en place, la blogueuse est assurée d’un succès fulgurant. En contrepartie, la bloggueuse ne devra jamais manquer de matières (sic) sous peine de se voir harceler par ses élèves/lectrices jusqu’à obtention d’un nouveau devoir.
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La stratégie dite de la madeleine de Proust :
Ou Philippe Delerm selon si vous êtes du siècle dernier (comme moi) ou seulement du début de l’année ;-) . Cette stratégie consiste à faire ressurgir toute votre enfance une page? Orangette en est la flagrante preuve ; poupée de papier à découper et à revêtir de tenues de carton.
Cette stratégie est plus distillée et de type subliminal. Une image, une bannière suffisent parfois à une régression inconsciente et nous ramènent chaque jour sur ces blogs. Je ne citerai pas de noms, je ne veux pas allonger la liste des tombées pour l’enfance. Je reprends juste un bonbon haribo avant de poursuivre non sans avoir jeté un œil sur mon cahier de texte pour vérifier que l’encre rose pale de mon stylo plume est sèche et que je peux tourner la page. Tiens une 2CV verte. Au pays de Candy il y a toujours une petite Carrie Ingalls qui tombe en dévalant les pentes…
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La stratégie dite du mécano :
C’est la bloggueuse des trucs et astuces en tous genres. Pour vous attirer, elle n’hésite pas à sortir une trousse à outils impressionnante : clés plates, de 12 ou à molettes, elle vous dispense de judicieux conseils pour vous perfectionner dans la création.
Stratégie redoutable dès lors qu’elle croise sa version évoluée (comme les Pokemon) j’ai nommé la bloggueuse technologique qui maîtrise vidéo et logiciels graphiques ou html comme personne.
A l’arrivée, des cours en lignes avec son et mouvement de premier ordre. Pour elles seules de nouveaux mots sont inventés : tutos et pazapas, deux amis à garder sous le coude ou la souris. Les films s’échangent sous le manteau, les liens vers lesdits chefs d’œuvre se traquent par tous les moyens. Une sorte de virus bienfaisant. Il se murmure qu’un festival des tutos créatifs serait bientôt créé mais le jury reste encore secret.
Je vous vois frissonner à la lecture de cette analyse marketing de la blogosphère. Vous n’osez plus cliquer de peur d’être happée par l’une ou l’autre de ces machines à dépendre.
Heureusement, voici quelques antidotes et conseils pour contrer certains effets de la dépendance.
Par exemple, en réponse à la première stratégie, si d’aventure, vous étiez à court de produit de nettoyage de SDB, surtout ne vous précipitez pas sur Internet pour taper le mot qui changera votre perception des carreaux à jamais. Allez simplement au magasin (bio du coin, et oui on ne se refait pas, c’est ma stratégie rien qu’à moi) pour racheter le liquide précieux.
Pour endiguer la stratégie mécano :
- Abandonnez immédiatement voiture et tout autre moyen de locomotion à moteur.
- Ne passez sous aucun prétexte devant un garage
- Faites un geste intergénérationnel et sauvez le patrimoine culturel en proposant à vos ainées (d’au moins 40 ans, entendons-nous bien, la première qui me contacte, je l’étripe :o) ) de vous transmettre leur savoir en matière de trucs et astuces créatifs (et elles en ont à raconter). Reliez le livre et posez-le bien en évidence à côté de votre clavier lorsque l’envie vous démange d’apprendre à crocheter un bonnet.
Contre la Madeleine de Proust, hélas, peu d’espoir, vous serez déjà dépendante avant même de le savoir.
En suivant ces bien (faibles conseils) , vous réussirez peut-être à réduire votre dépendance blogguesque. Votre liste de liens restera raisonnable. Bien sur, vous saurez changer un pied de Mac seule et évidemment vous aurez du temps pour votre mosaïque de salle de bains y compris les joints. Votre blog sera rangé, à jour, propre aéré…
Mais la blogosphère en ressortira-t-elle grandie ?
P.S : je ris d’avance aux pauvres étudiants en école de commerce et autres cadres business qui viendront à moi au hasard de leur recherche sur la stratégie du groupe micheyear face à la délocalisation sauvage des concurrents….
Ma stratégie à moi ? elle est est simple. J'écris, je copie-colle, je publie, oups les fautes, j'édite, mince le style ne va pas, je ré-édite. Résultat un nouveau texte toutes les 10 minutes de quoi rester au top de la liste des dernières actualisations sur canalblog... ;-)) Tiens c'est une idée ça, je publie en laissant invraissemblances et fautes, je vous laisse commenter, je republie...hum, stratégie déguisée de l'instit' ça non ??? en même temps je suis fille de Et belle-fille de...
vendredi 1 septembre 2006
La routine de la bloggueuse (parfois blagueuse mais toujours sérieuse)
Quand une internaute devient bloggueuse, elle ne sait pas ce qui l'attends. Insouciante et sautillante, elle paramètre, arrange et décore son nouveau chez elle virtuel.
Dans un élan de générosité, elle crée même plusieurs messages pour présenter ses créations, humeurs, enfants, chats, chevaux, moutons.
Et s'en va prendre un café, au boulot, faire sa journée, confiante et assez satisfaite d'elle.
Sa journée terminée (laps de temps qui va hum disons fluctuer entre fin de matinée et fin de nuit...dépendant de la ...dépendance ;-) ), curieuse tout de même la « débutante » se connecte à son blog. Et là stupeur ! Déjà 10 commentaires l'attendent, pour l'accueillir, la féliciter, lui demander conseil ou s'inspirer. Rougissante, elle entreprend de répondre à chacune promettant à son tour d'aller flâner sur les sites de ses nouvelles amies.
Le lendemain matin euh non soir ... Consciencieuse, elle se connecte aux dits blogs . Elle tombe amoureuse d'un pull, d'une idée, d'un mais hélas 3 fois hélas, faible, elle cède aux sirènes des listes de blogs à visiter absolument pour ne rien rater du PAI, Paf moderne version internet...
Elle n'aura pas oublié de laisser un commentaire à son tour sur les blogs. Et s'éloignant de sa blogosphère naissante, elle part à la rencontre de nouveaux horizons créatifs. Elle laisse parfois un mot mais l'heure tournant (plus vite sur Internet ou seulement chez moi ?? ;-) ) elle fait provision de futures destinations dans ses favoris.
Au troisième jour de la création de son blog, voici son agenda :
9h : connexion à son blog – rédaction d'un message – insertion d'une ou plusieurs images ;
9h15 : consultation des commentaires de la veille à publier ;
9h30 : réponse aux commentaires ;
10h : visite à sa liste de blogs favoris et rédaction d'un commentaire ;
11h : mince il n'y a pas de pain. Oups, le rôti n'est pas dans le four (version boulot : mince il manque des données. Oups, le chef m'appelle) ;
11h30 : tâches professionnelles ou ménagères accomplies (y compris aller-retour boulangerie) retour aux blogs ;
Midi : pause ;
14h : vérification nouveaux commentaires et re routine étapes 9h à 10h30;
15h30 : découverte nouveaux blogs, nouveaux commentaires, nouveaux favoris;
16h : goûter;
17h : temps libre jusque jour suivant 9h
Au quatrième jour, elle découvre les statistiques : un bonheur. Ces chiffres-là réconcilient avec les maths mieux que tout autre. Elle caresse des yeux la courbe harmonieuse des visites, retient les couleurs, apprends de nouveaux drapeaux, traverse les frontières, arrive en Amérique et d'un saut embrasse l'Australie, suit pas à pas les parcours et...découvre de nouveaux blogs...
Et c'est reparti...
Alors je laisse un dernier conseil, moi vieille bloggueuse de 2 mois à peine : Le blog c'est du boulot, faut pas croire. Moins de sommeil, des heures sup', mais une rémunération en amitié qui en vaut le sacrifice !
La semaine prochaine (et si vous souhaitez connaître la suite de ses aventures) : Les stratégies de la Blogueuse.
P.S : toute ressemblance avec moi-même ayant créé un blog n'est pas que fortuite. Cependant, aguerrie à la blogosphère depuis,(pensez, ça fait 2 mois ! ) j'ai acquis certains réflexes salvateurs (surtout pour le rôti) pour la gestion de ce blog ;-))
jeudi 13 juillet 2006
Petit précis de vocabulaire ....
Je vous l'ai déjà dit, j'écris, je couds, j'alterne quoi j'espère avec plus de bonheur que le pays dans lequel je vis.
Je tenais à mettre les points sur les i , les pendules à l'heure et les clichés à la poubelle.
Sachez qu'ici, certains mots ne veulent dire qu'une chose et une seule, et par ce miracle qu'est Internet ont perdu leur sens originel et pris un sens final unique et sans retour.
Ainsi ne soyez pas rebutées si jamais vous rencontrez certaines expressions qui vous semblent désagréablement familières. (et bien entendu je m'adresse au public féminin, cela ne saurait être hélas d'aucune utilité pour le masculin)
car ici :
repasser : s'applique à la couture, enfin aux coutures que l’on aplatit et ne saurait se destiner à des vêtements entiers ; mais la plupart du temps je repasse ne signifie qu’une chose : que je passe plusieurs fois sur mon blog par jour ! ;
(se) plier en deux ou en quatre : non, ce n’est pas l’étape conséquente du repassage ou (cf def précédente) ou la fonction d’une maman mais simplement le tissu afin de pouvoir couper un patron selon les indications ;
Créer une tâche : ne dégainez surtout pas le savon de fiel ou vos noix de lavages, j’ajoute simplement un projet ou un message à mon blog ! ;
Vieux tee-shirt : point d’insulte ni de dénigrement, tout rebut m’intéresse (mais ne m’envoyez pas les vôtres, mari, BM dont vous voudriez vous débarrasser…) et stimule ma créativité. ;
NSP : quand ce sigle apparaît, ne vous jetez pas sur votre clavier pour répondre à ce que vous croyez être un Ne Sais Pas S.O.S. Je parle d’une ou plusieurs amies et je sais pertinemment qui elles sont ;
Cependant, pour ne pas perdre tous mes lecteurs en route, j’ai bien voulu laisser le bon sens à certains mots comme :
Commentaire : si si ça veut dire ce que ça veut dire, vous pouvez en laisser, commentez donc, j’adore ça !
Allez je repasse…plus tard !
dimanche 2 juillet 2006
L’ultime expérience de ma vie de femme au foyer.
18h50 : je file. Vers l’inconnu. Une adresse, mon sac à main, une tenue sexy. Je cours, je vole vers mon rendez-vous. Mon mari m’a regardée d’un air goguenard, m’a détaillée de la tête aux pieds. M’en fiche.
18h58 : j’arrive au rendez-vous. Mes mains tremblent, je suis essoufflée.
Un coup sec sur la porte. A l’intérieur des rires. Mon amie me sourit d’un air entendu. Tu es parmi les premières. Tant mieux, je déteste arriver en dernier et saluer tout le monde.
Le salon est accueillant. Une amie est déjà assise sur le canapé, enceinte jusqu’aux yeux. Une femme inconnue se tient debout devant la table de salon. Une poignée de main. Je m’assois. Que fais-je ici.
Nouveau coup de sonnette : Je jette un œil. 2 femmes de mon âge et une autre plus âgées pénètrent dans le hall d’entrée. A l’aise, contrairement à moi. Mon amie les fait passer dans le salon. Présentations rapides, ce n’est pas important ce soir.
Nous voilà au complet, 3 sur chaque canapé. Les habituées d’un côté et nous de l’autre. Je papote grossesse et prise de poids, accepte un verre de jus de tomates et des toasts. J’ai faim. Mais le repas est encore loin.
La femme inconnue est toujours debout et réclame notre attention. Immédiatement les habituées se taisent tandis qu’avec ma voisine nous continuons de converser ce qui nous vaut un regard noir du reste de l’auditoire.
Sur l’îlot central, des dizaines de boîtes en plastiques, des ustensiles de cuisine, des moules en silicone. Là je réalise. Pour la première fois de ma vie, j’assiste à une réunion tupperware ! Je réprime un fou rire, mon amie-hôtesse-d’un-soir aussi. C’est nerveux.
L’animatrice Tupp entame son argumentaire. Et nous voilà à nous esbaudir devant des fouets plats, des becs verseurs ultra pratique, des couleurs vert pomme et orange de la dernière mode. Je suis dans la quatrième dimension.
Les trois habituées se sont levées et ont pris place autour de la table, nous restons prudemment sur le bord du canapé. Non seulement ces femmes sont habituées, mais elles sont fans. Ne ratant aucune des réunions animées par Monique. Qui s’empresse de nous distribuer des bons de commandes.
La sonnette une fois de plus. Une femme entre en coup de vent, s’assoit avec ses 2 enfants, remplit le bon de commande et 10 minutes plus tard repart aussi vite. Je suis victime d’une hallucination.
La réunion est bien rodée : trois temps forts. Présentation, démonstration avec réalisation de 2 recettes (décidées avec l’hôtesse une semaine avant) et dégustation. Avec tout ça, je ne vais pas manger avant 22h. Je reprends un toast. Un début de migraine.
L’animatrice entreprend la réalisation d’un plat de poissons dans une cocotte pas en fonte mais de la même couleur, qui passe au micro ondes et au four et évite de salir les dits appareils. D95 sur le bon de commande. Nous, pauvres débutantes oublions de noter la recette et le code. Les habituées griffonnent allègrement sur leur papier.
Hop au four et pendant ce temps, nouvelle recette de muffins qui seront cuits dans des moules en silicone. Là je suis déjà plus en confiance et peux prendre la parole pour conseiller mes acolytes sur ce produit dont je suis fan. J’entends ma voix , je ne la reconnais pas et je suis toujours au bord du fou rire. Pas sérieux. Pas convaincant pour les amies. Elles ne prendront pas le moule.
21h : le plat est prêt, les muffins sont chauds. Monique nous demande de passer à table et nos bons de commande. Oups. L’animatrice se rit de notre incompétence visible et remarquée soutenue par des regards entendus des « fan-de » puis nous alloue un délai supplémentaire le temps de ranger ses boîtes pour remplir la feuille. Les habituées sont déjà attablées. L’une d’entre elle avoue d’un air rougissant, s’excusant presque, qu’elle ne sait plus que commander vu qu’elle a déjà tout. Elle assortit à présent ses boîtes à son mobilier de maison. Ainsi la nouvelle boîte verte de conservation vert pomme se mariera avec bonheur à son nouveau salon de jardin. De la même couleur. Nous passons le mur de l’entendement.
La femme plus âgée qui se trouve être la mère d’une des habituées nous fait patienter en nous racontant combien les tupperware sont solides puisqu’elle en a qui datent de 30 ans et plus. Nous acquiesçons religieusement y allant toute de notre couplet sur ce produit indémodable.
Monique apporte le premier plat. Un repas étrange où les convives ne se connaissent pas vraiment, où le repas a été préparé par une inconnue. Nous gouttons. Délicieux. Vraiment cette cocotte fait des merveilles. Nous nous empressons de la noter sur le bon de commande. L’une des convives demande aux habituées si elles utilisent tous les produits qu’elles commandent. Une autre s’approche des boîtes et autres récipients, tâte, retourne, triture, et finit par inscrire une ligne sur son bon de commande. Histoire de.
Je termine aussi de raturer dans tous les sens ma feuille, je tente le calcul mental, je pose finalement mon addition, je raye des produits, je recommence pour arriver à un montant acceptable psychologiquement. Pour moi et mon mari.
Mon amie hôtesse est toujours aussi nerveuse, nous croisons nos regards. Si on m’avait dit que je ferai un atelier tupp chez moi !
Je lui réponds du tac au tac : Qu’on soit bien claires : personne ne m’a vue ici ce soir ! Nous éclatons de rire sous le regard interloqué des habituées.
Je plaisante avec ma voisine débutante, lui parlant maintenant des nombreuses soirées que nous organiserons spécialement à l’intention de cette merveilleuse cocotte. Des soirées tupp, tel est mon avenir à la maison.
21h30 : Ma voisine s’en va. La fin de cette soirée touche à sa fin. Migraine bien installée.
Non le clou de la soirée est encore à venir.
Une phrase qui se détache au milieu du brouhaha :
Alors qui se lance pour la prochaine réunion ?
(les dogmes de ces réunions sont bien installés : l’animatrice comme l’hôtesse d’un soir se doivent de trouver une maison d’accueil pour un prochain atelier, assurant à la première de nouveaux profits et à la secondes des produits cadeaux proportionnels au montant des achats de la soirée.)
Silence. Regards. Je pouffe encore. D’office les habituées se désistent ayant organisé visiblement les réunions précédentes qui les ont amenées ici. Je me rends compte que la soirée tupperware est leur hobby, comblant des soirées vides, leur permettant de visiter de nouvelles cuisines, manger sans préparer, passer le temps.
La dernière des débutantes présente prétexte une cuisine non terminée et des capacités culinaires désastreuses.
Reste moi. vous l’avez compris. L’ultime expérience de vie de femme au foyer, c’est organiser la prochaine réunion Tupp.
22h : la maison se vide. Je quitte à mon tour la maison.
Je ne fais que rire sur tout le trajet de retour. Je ris encore.
…Vous faites quoi le jeudi soir 20 mai prochain ?


