les mots et gestes d'Alanis

Textes et créations d'Alanis, maman, femme et citoyenne militante et créative

mercredi 8 octobre 2008

Le patron (et le retour d'une blogueuse sur le devant de la scène)

jreprokitLorsque vous commencez un nouveau job, la première personne qui vous accueille souvent, c’est le patron. C’est amusant, parce que lorsque j’ai débuté la couture, ça a commencé pareil ! J’ai fait connaissance avec le patron. Mais hélas la comparaison s’arrête là. Car un patron digne de ce nom vous fait faire le tour de l’entreprise, vous présente aux collègues, vous installe et ne vous abandonne pas devant un puzzle 2000 pièces sans mode d’emploi.

Le patron de couture, lui, c’est autre chose ! Il faut d’abord déplier le patron (et non le dérider, ça c'est pour l'autre). Table de moins de 10 m de long s’abstenir, ou alors si l’on souhaite une nouvelle nappe tendance. Si vous avez réussi ce premier exploit, l’ouvrir sans le déchirer, vous pouvez aller vous récompenser d’une sucrerie (placer un bol de bonbons à proximité de votre machine à coudre, la soirée va être longue !).

Au premier coup d’œil, ça ressemble à une mégalopole traversée par 10 autoroutes, 3 lignes TGV et au bas mot 50 routes de vol d'avion (l’aéroport de cette ville doit être interstellaire). Ne cédez pas à la panique, comme sur tous les plans, il y a forcément une pastille « vous êtes ici ». Il suffit de la trouver et tout va s’arranger. Après 20 minutes, il faut se rendre à l’évidence, il n’y a ni pastille, ni index des rues, seulement des numéros. Là vous commencez à vous sentir un peu comme dans le prisonnier et la peur vous serre lentement la gorge. Il est temps de reprendre un bonbon pour vous remettre de vos émotions.

Si à ce stade, vous n’avez pas encore abandonné, félicitations ! Car le plus dur reste à venir ! Et oui malheureuse couturière débutante, il va falloir :

-         Prendre 2 valium

-         Repérer les pièces,

-         Les décalquer

-         Vous taillader les veines Les couper

Avant je l’avoue, ignare que j’étais, je ne comprenais pas pourquoi certaines couturières étaient simplement heureuses d’avoir reporté leur patron et remettaient au lendemain la couture. Maintenant, toute couturière capable de reporter un patron et coudre le vêtement en moins de 3 jours a droit à mon admiration sans bornes !

Ok, imaginons que rien de plus urgent ne vous attend les 3 prochaines heures et repérons ensemble les pièces à décalquer. Là encore, la couturière avertie choisit un vêtement de moins de 5 pièces, car sinon, la pêche (à la ligne) risque d’être longue. Il faut donc se munir de sa loupe pour les plus jeunes, ses doubles foyers pour les plus de 40 ans et de …patience. Il faut également une sacrée bonne mémoire. Relisons la consigne sur le magazine : les pièces sont tracées en bleu pointillés espacés de 2 mm sur le verso à pois du patron page 4, section J (touché coulé !). C’est là que j’aimerais soit faire du 36 soit carrément du 50 ce sont les traits dessinés aux extrémités. Quand t’es au milieu, ben « c’est pas merveilleux » !

Bref, lorsque vous avez mis le doigt sur l’une des pièces, conseil d’amie, ne bougez pas sur le saisissez-vous du papier à patron de l’autre main. A moins d’un incendie, ne répondez à aucune sollicitation enfantine (ce n’est pas le moment non plus de vous récompenser d’un bonbon !). Le mieux, c’est d’avoir ledit papier à portée de main, sinon, vous vous retrouvez à devoir choisir entre recommencer ou un étirement maximum des bras pour accomplir la mission ! Posez le papier sur la pièce et …maudissez les patrons ! On n’y voit rien ! Allez différencier un pointillé resserré d’un pointillé médium ! Là je vous autorise à laisser éclater votre colère envoyer tout valdinguer, vous saisir des derniers bonbons et aller vous avachir sur votre canapé !

En même temps, c’est pas un patron qui va nous mettre dans cet état hein ! Si près du but (environ 2h30 encore)  Allez, on y retourne. Prenez un crayon de papier gras ou un feutre, pas de stylo ni plume pour des raisons évidentes de trouage intempestif…Tracez délicatement et précisément les contours (je ne sais plus si je vous ai signalé de ne pas utiliser de moufles non plus). Procédez de même pour les autres pièces. Bravo, vous avez fini…de prendre les mesures pour votre jeune cousine qui taille du 36 ! Il est minuit, vous avez le droit d’aller vous coucher, laisser reposer une nuit et de recommencer demain. Patron 1 / Couturière 0

Après 3 ou 4 jours (selon l’expérience et la météo), vous avez enfin les bonnes pièces de tracées (et un fils / une fille qui trouve que ça ressemble à rien ce dessin, à quoi ça sert ? Soyez indulgente, ils ne savent pas tout ce que vous avez enduré, ignorez la remarque et envoyez-les juste fermement BA-LLA-DER !!).  Il ne vous reste « plus » qu’à découper les différentes parties. Là c’est technique libre, vous touchez au but, peu importe le ciseau pourvu qu’on ait  la pièce !

Vous venez de vivre l’une des expériences de couture les plus éprouvantes, vous méritez un happy end : vous coudâtes votre vêtement et vécûtes heureuse jusqu’à la fin de votre vie…

Hum…  Je vous ai déjà parlé des explications de montage ???

Posté par alanis à 19:00 - Les mots d'alanis - Commentaires [15] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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Commentaires

ça c'est du vécu!! on s'y croirait
j'adore :oD

Posté par Rachel91, mercredi 8 octobre 2008 à 19:17

Je ne voyais pas ça comme ça .

Merci pour cette tranche de rire j'ai les larmes aux yeux en te lisant et surtout en imaginant la scene .

Posté par zenobia, mercredi 8 octobre 2008 à 19:20

Hahahaha, ça sent le vécu... sauf que j'avais jamais encore réussi à en rire !

Posté par tahuata, mercredi 8 octobre 2008 à 19:26

Trop drôle ! Toi, tu as acheté un Ottobre ! Tu devrais essayer les patrons japonais, plus simples à condition de comprendre les idéogrammes.

Posté par Agdel, mercredi 8 octobre 2008 à 19:51

genial

toutes les couturieres vont se reconnaitre dans ce post.... j'adore et j'attends la suite avec impatience....

Posté par gomme, mercredi 8 octobre 2008 à 19:57

Une bonne tranche de rire...c'est excellent!!!

Posté par clo, mercredi 8 octobre 2008 à 20:11

Merci merci merci !!!

ALANIS, comme je suis contente de te lire à nouveau. J'en peux plus de rire, j'en pleure même. J'imaginais tout à fait la scène :) J'ai hâte de voir ta vision des explications de montage HIHIHI

Posté par krystalinette, mercredi 8 octobre 2008 à 20:16

genial

toutes les couturieres vont se reconnaitre dans ce post.... j'adore et j'attends la suite avec impatience....

Posté par gomme, mercredi 8 octobre 2008 à 21:17

littéralement si vrai

alors là je suis bluffée par tant de réalité, vu comme çà c'est poilant , j'attends aussi de connaitre la suite , sur les explications de montage .... :)

Posté par petit lutin, mercredi 8 octobre 2008 à 21:33

Tellement vrai !!!







Heu, il reste des bonbons ??????

Posté par Lutinette08, mercredi 8 octobre 2008 à 21:36

ah!ah!ah! j'adore tout simplement! mes enfants sont en train de me regarder et me prennent pour une folle de me voir rire toute seule devant mon ordi!

Posté par pintade54, jeudi 9 octobre 2008 à 07:40

exellent ! t'as juste oublié la série de clé à molette pour maintenir soit le patron, soit ton papier qui fait des plis ou a décidé de se rouler !
l'essentiel étant d'avoir ne surface au sol libre d'environ 5 m² pour pouvoir travailler, parce que les tables de la maison n'y suffisent pas....

et quand t'as fini de décalquer, tu t'aperçois que t'as bougé ; heu, on est à 1cm près, ou pas ?
vu comment ça tombe (mal) en général, on peut penser que non !!

Posté par HCarton, jeudi 9 octobre 2008 à 10:59

Mouarf, y a du vécu !

j'attends aussi de voir comment tu as [sur]vécu la partie montage.

(sinon , je triche, je découpe mon patron sur le papier couvrelivre en gros rouleau, c'est cool, c'est statique en te débrouillant un peu, çà colle au patron et surtout : c'est transparent)

Posté par minimoi, jeudi 9 octobre 2008 à 14:50

La suite, la suite , la suite....... et pas dans un an hein!!!!!!!

Posté par poppijonas, jeudi 9 octobre 2008 à 20:02

quand ma bloglines, fort incompétente ces derniers temps m'a allumé ton blog aujourd'hui (et non il y a quelques jours, comme ça l'aurait dû), tout d'abord, je n'y ai point crû, pensant que décidément, elle avait un humour laissant fort à désirer... Je suis extrêmement heureuse de te voir revenir sur le devant de la scène, salut bien bas l'exploit dudit patron, et me délecte à l'avance de tous ces nouveaux billets dont tu vas, c'est obligé, nous régaler... YIPEEEEE!!!!!!!!!!! Bisous tout plein ma belle...

Posté par Flo du désert, dimanche 19 octobre 2008 à 19:08

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